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Mali : IBK pardonne à Djenè Sogodogo mais pas question de la libérer

l’occasion de la traditionnelle présentation des vœux pour l’Aid El Fitr au Président de la République, IBK a réagi le 3 juin à la demande de clémence formulée par Djenè Sogodogo, en prison pour des insultes à l’encontre de plusieurs personnalités. Le Chef de l’Etat laisse le sort de la jeune militante du CDR à la justice.

Pour IBK, lui en personne pardonne les insultes qui le visent mais ne saurait faire de même pour les injures contre l’institution du Président de la République.

« L’insulte quand elle m’est destinée, Ibrahim Boubacar Keita, ce n’est absolument aucun problème pour moi. Qui suis-je pour ne pas supporter une insulte ? Mais le Chef de l’Etat a droit au respect pas par vanité, parce qu’il est le représentant de 18 millions de Maliens qui ont besoin qu’on les respecte », a-t-il martelé au palais de Koulouba, précisant avoir été fortement interpellé à la mosquée sur la question.

Depuis la prison de Bolé où elle est incarcérée, Djénè Sogodogo avait pu enregistrer et diffuser une vidéo le 30 mai dans laquelle elle reconnait son tort et implore le pardon du Président de la République.

« J’adresse cette vidéo à IBK, notre président de la République. Je lui demande pardon pour les insultes que j’ai proféré à son encontre, confiait-elle. Depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui, je vis dans le regret. Avant même que je ne revienne au Mali », confie-t-elle dans la vidéo. Quelle que soit la peine que je ressentais, je n’aurais jamais dû l’insulter. D’abord parce qu’il a l’âge de mon père. Ensuite, car il est le président de notre pays. Ce n’est pas quelqu’un à qui je dois manquer de respect. Je demande aujourd’hui pardon à IBK et à l’ensemble des Maliens. Que tout le monde me pardonne pour Allah, son Prophète et pour ce mois béni de Ramadan. Je regrette et je ne recommencerai plus jamais, si Dieu le veut. Aujourd’hui, je vis sous le poids du regret », conclut-elle.

Le même jour, elle a diffusé une nouvelle vidéo dans laquelle implore le pardon de l’armée malienne. A sa suite, ses enfants, depuis la France ont également demandé pardon à IBK et à tous ceux que leur mère a pu offenser afin qu’elle retourne auprès d’eux. La compassion pour Djenè Sogodogo a gagné l’opinion malienne. D’individu vulgaire, arrogant et largement détesté, elle a conquit le cœur des maliens par sa repentance. Même Naïni Diabaté, la célèbre griotte, à genoux et mains derrière le dos, est apparue émue dans une vidéo pour implorer le pardon d’IBK.

Tout cela n’aura visiblement servi à rien. IBK n’entend pas intervenir pour obtenir la libération de la militante du CDR. Ses propos laissent même penser qu’il veillera au contraire.

« Ces mêmes voix m’avaient interpellé: Président, il y a trop de tolérance, trop de liberté au point qu’elle est devenue liberticide. On nous insulte à tout bout de champs, en longueur de journée, et l’Etat ne fait rien. Mais quand l’Etat bouge, voilà qu’on nous retient le bras. Ces mêmes gens vont encore dire que nous sommes laxistes. Donc, tant qu’il s’agit d’Ibrahim Boubacar Keita, il n’y a aucun problème. Moi je pardonne mais je ne suis pas la loi. Dura lex sed lex (La loi est dure, mais c’est la loi) Madame la Présidente de la Cour Constitutionnelle. La loi devra désormais être de règle et de mise ! », a-t-il ordonné.

D’après certaines sources, Djenè Sogodogo se sent abandonnée par ses camarades du CDR. Pourtant, ceux-ci n’ont jamais cessé de se mobiliser en sa faveur. Des militants du CDR ont même rendu visite à sa mère le dimanche 12 mai. La délégation a remis une somme symbolique de 100.000 F pour soulager la douleur de la mère éprouvée par l’incarcération de sa fille.

Djènè Sogodogo a été arrêtée depuis le 24 avril. Il lui est reproché d’avoir proféré des insultes sur les réseaux sociaux contre plusieurs personnalités du Mali. Fervente militante du CDR, la jeune femme est soutenue par ses camarades du mouvement fondé par Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath.

La délégation du CDR a tenu à apporter la compassion de l’organisation à la mère de la détenue. Par cet acte, ces militants pour la même cause témoignent de leur détermination à lutter pour la libération de Djènè Sogodogo.

Ils peuvent enfermer le corps de Djènè mais son esprit restera toujours libre », lance un membre de la délégation.

L’activiste membre du CDR Djénè Sogodogo a été déférée depuis le 26 avril à la prison pour femmes de Bolé. Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath a annoncé le 28 avril les mesures de riposte que le CDR compte entreprendre.

 

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